Dans cette étude mon objectif est celui d’analyser certains passages des commentateurs néoplatoniciens de la Physique d’Aristote, Simplicius, Philopon et Thémistius, pour essayer d’expliquer une affirmation très problématique d’Aristote, à savoir la phrase « le mouvement semble faire partie des continus », par laquelle ce dernier annonce le programme de recherche qu’il suivra dans les livres III et IV de son traité. La phrase est problématique parce que, selon toute apparence, Aristote n’a pas fourni dans les livres précédents d’éléments qui justifient une affirmation semblable ; en outre, dans sa discussion du mouvement dans les chapitres 1-3 du livre III la notion de continu, τὸ συνεχές, n’est pas utilisée. Dans ces chapitres, en effet, Aristote réalise deux opérations bien précises concernant la théorie du mouvement, aucune desquelles fait appelle à la notion de continu : d’abord il définit le mouvement et explique les termes de sa définition, et après il montre comment le mouvement se produit par le truchement du rapport entre un moteur et un mû. La notion de continu ne semble donc pas nécessaire pour la théorie du mouvement qu’il s’apprête à élaborer. Les commentateurs expliquent la phrase d’Aristote en affirmant que le Philosophe veut dire que le continu est un terme définitoire de la notion de mouvement. Toutefois, dans le livre troisième de la Physique, Aristote définit le mouvement comme l’entéléchie de ce qui est en puissance en tant que tel (Phys. III 1, 201a10-11), ce qui ouvre le nouveau problème de comprendre pourquoi les commentateurs expliquent ainsi la phrase d’Aristote selon laquelle « le mouvement semble faire partie des continus » et comment ils la comprennent.

« Le mouvement semble faire partie des continus » : les Commentateurs anciens sur Aristote, Phys. III 1, 200b16-17

GIARDINA GIOVANNA RITA
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Abstract

Dans cette étude mon objectif est celui d’analyser certains passages des commentateurs néoplatoniciens de la Physique d’Aristote, Simplicius, Philopon et Thémistius, pour essayer d’expliquer une affirmation très problématique d’Aristote, à savoir la phrase « le mouvement semble faire partie des continus », par laquelle ce dernier annonce le programme de recherche qu’il suivra dans les livres III et IV de son traité. La phrase est problématique parce que, selon toute apparence, Aristote n’a pas fourni dans les livres précédents d’éléments qui justifient une affirmation semblable ; en outre, dans sa discussion du mouvement dans les chapitres 1-3 du livre III la notion de continu, τὸ συνεχές, n’est pas utilisée. Dans ces chapitres, en effet, Aristote réalise deux opérations bien précises concernant la théorie du mouvement, aucune desquelles fait appelle à la notion de continu : d’abord il définit le mouvement et explique les termes de sa définition, et après il montre comment le mouvement se produit par le truchement du rapport entre un moteur et un mû. La notion de continu ne semble donc pas nécessaire pour la théorie du mouvement qu’il s’apprête à élaborer. Les commentateurs expliquent la phrase d’Aristote en affirmant que le Philosophe veut dire que le continu est un terme définitoire de la notion de mouvement. Toutefois, dans le livre troisième de la Physique, Aristote définit le mouvement comme l’entéléchie de ce qui est en puissance en tant que tel (Phys. III 1, 201a10-11), ce qui ouvre le nouveau problème de comprendre pourquoi les commentateurs expliquent ainsi la phrase d’Aristote selon laquelle « le mouvement semble faire partie des continus » et comment ils la comprennent.
mouvement, continu, infini, physique, Aristote
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Utilizza questo identificativo per citare o creare un link a questo documento: https://hdl.handle.net/20.500.11769/542825
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