Le culte numérique. Une archéologie des médias

guido nicolosi
2025-01-01

2025
978-2-84578-827-5
Médias et mémoire sont liés par une relation intime. Tout acte visant à fixer, mémoriser, commémorer, nécessite la médiation d'un support matériel ou immatériel : murs, objets, langages, technologies, médias. Dans les sociétés humaines ces médiateurs sont donc investis d’un pouvoir extraordinaire. Cet ouvrage reconstruit l'évolution de cette relation indissociable entre médias et mémoire, de l'art rupestre aux dispositifs numériques modernes, en étudiant également ses diverses implications sociales. Nous habitons un monde dans lequel le traitement, l’accumulation et la récupération d’informations s’effectuent de plus en plus via Internet, les dispositifs numériques et l’intelligence artificielle. L’auteur met en évidence les risques cognitifs, éthiques, éducatifs et politiques de cette omniprésence obsessionnelle, décrivant un nouveau « culte » numérique. La thèse présentée est très claire : dans la société contemporaine nous assistons à l’affirmation d’une nouvelle croyance, d’ailleurs largement répandue, en une entité qui fonctionne comme une « mémoire totale » dont nos actions, désirs, attentes et connaissances dépendent. Omnisciente, omniprésente et invisible, lui sont attribuées des qualités largement comparables à celles d'une divinité, pourtant sécularisée. Les comportements des usagers des smartphones et des internautes évoquent de plus en plus la « sacralisation » des médias numériques aujourd’hui vécus comme un pouvoir mystérieux qui apporte la vie et la mort, perçue comme un destin, avec une attitude mythique, d'absolutisation des espoirs et des peurs. Faisant constamment référence au surnaturel, ces comportements ressemblent beaucoup aux rituels d’une nouvelle religion numérique quotidienne. L’auteur utilise une perspective média-archéologique pour expliquer la généalogie et trouver les preuves empiriques de ce culte implicite mais capable de remplir des fonctions sociales similaires à celles des religions traditionnelles : réduire la complexité, donner du sens, créer des relations sociales, produire une cohésion. Il semblerait donc que notre défi aujourd’hui soit multiforme. Il ne s’agit pas seulement de saisir quels sont les risques d’un éventuel affaiblissement de notre capacité à nous souvenir et connaître le monde, mais de comprendre qui ou quoi possède et contrôle notre mémoire individuelle et collective. En fin de compte, il s’agit de appréhender le devenir de notre identité. Face à l’avènement inquiétant d’une inexorable « théocratie technologique », l’auteur appelle aux principes et pratiques d’une nouvelle « laïcité numérique ».
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Utilizza questo identificativo per citare o creare un link a questo documento: https://hdl.handle.net/20.500.11769/653409
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