L’ethnosociobiographie d’un entre-deux identitaire dans Poulailler de Carlos Batista

F. Impellizzeri
2022

9788857594774
Carlos Batista, issu de l’immigration portugaise et ouvrière des années 60, est né en France en 1968. Ses origines humbles et sa condition de fils d’étranger sont au cœur de son premier roman autobiographique intitulé Le Poulailler, paru chez Albin Michel en 2005, qui a pour thème principal l’entre-les-langues conflictuel typique des enfants bilingues partagés sans cesse entre deux réalités, deux langues et surtout deux cultures. Cette autosociobiographie de l’aveu, ces mémoires d’un fils d’immigrés en permanente insécurité linguistique, nous montre notamment la problématique du questionnement identitaire déterminé non seulement par la confusion d’une appartenance à une identité nationale double mais nous raconte aussi la construction douloureuse d’un moi constamment visé par la violence d’un père sévère et machiste, par la honte d’appartenir à une famille pauvre et inculte, puis finalement les séquelles crées par les injures dictées par les stéréotypes raciaux des Portos implantés en France qui se greffent douloureusement, comme des cicatrices profondes, dans l’âme de Batista. Si l’émargination détermine au départ chez Batista-enfant l’isolement, la crainte et la dissimulation, elle nourrit par la suite des tensions qui déclenchent une véritable construction identitaire en quête de repères et certitudes. L’école joue ici un rôle essentiel puisqu’elle autorise, chez l’écrivain, une prise de conscience qui gomme progressivement les contours rigides d’une identité partagée entre le français et le portugais, la mère et le père, l’être et le paraître… L’acquisition de la langue française est bien plus qu’une réussite scolaire, elle se transforme en la libération d’une chrysalide qui grâce à ses deux nouvelles ailes, et donc à ses deux langues, peut désormais voler. L’entre-deux batistien trouve ainsi un point d’équilibre fécond dans la résolution d’une identité double qui cette fois-ci s’unifie et se résout par le métier de l’écriture et de la traduction surtout. Enfin, la métaphore de l’œuf dans le roman, partagé en trois parties ayant pour titre « La coquille », « Le blanc » et « Le jaune », aura pour but d’illustrer « l’œuf [comme] l’infini dans un espace clos » ; un symbole de protection, de gestation, de nourriture primordiale et somme toute l’emblème absolue de l’Origine de toute espèce vivante ovipare qui se délivre et s’évolue par sa renaissance car l’éclosion est bien sa deuxième et ultime mise au monde.
ethnosociobiographie, émigration portugaise, bilinguisme sociétal, acculturation dissonante
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Utilizza questo identificativo per citare o creare un link a questo documento: https://hdl.handle.net/20.500.11769/538164
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