Narcisse est le personnage mythique qui évoque le plus fidèlement la tradition du simulacre dans l’art et l’écriture. Il devient un véritable sujet de culte pour nombre de romans qui inaugurent le nouveau siècle imprégné des premières études freudiennes. Pierre Jean Jouve n’échappe pas à cette tradition et récupère par le biais du personnage de Jacques dans Le Monde désert (1927) ce mythe qui lui fournit une nouvelle lecture de la modernité où l’homme se voit « au miroir » de ses fragilités. Influencé d’abord par Gide puis par Freud, le Narcisse jouvien recherche, davantage qu’un amour de soi, un oubli mystique de soi, une fusion dans le « grand-tout ». Grâce à l’eau, qu’il contemple, il retrouve un équilibre personnel, une paix amniotique qui l’accorde définitivement à lui-même. L’image que l’eau réfléchit devient une projection psychologique qui fait appel à sa pulsion de mort libératrice. Par la noyade, véritable mort régénératrice, Jacques fait ainsi retour à l’état « océanique », en accord avec ce Moi primaire, finalement pur, sans péché, uni à Dieu, au monde.

Narcissus is the mythical character that best evokes the tradition of the simulacrum in art and literature. It becomes an actual cult subject for numerous novels which will inaugurate the new century pervaded by the first Freudian studies. Pierre Jean Jouve is no exception, and revives through the character of Jacques in Le Monde désert (1927) this myth that provides him with a new interpretation of modernity where man sees his himself through his ‘mirrored’ fragility. Influenced first by Gide, then by Freud, Jouve’s Narcissus seeks, more than self-love, self-abnegation, a fusion with the Great Order. By means of the water, which he contemplates, he finds a personal equilibrium, an amniotic peacefulness that restores him unto himself. The image reflected by the water becomes a psychological projection which summons his liberating death drive. By drowning, true regenerative death, Jacques returns to his ‘oceanic’ state, in harmony with the primal Ego, finally pure, without fault, one with God, with the world.

La réécriture du Narcisse de Pierre-Jean Jouve et les miroirs du Moi dans "Le Monde désert"

IMPELLIZZERI, FABRIZIO
2013

Abstract

Narcisse est le personnage mythique qui évoque le plus fidèlement la tradition du simulacre dans l’art et l’écriture. Il devient un véritable sujet de culte pour nombre de romans qui inaugurent le nouveau siècle imprégné des premières études freudiennes. Pierre Jean Jouve n’échappe pas à cette tradition et récupère par le biais du personnage de Jacques dans Le Monde désert (1927) ce mythe qui lui fournit une nouvelle lecture de la modernité où l’homme se voit « au miroir » de ses fragilités. Influencé d’abord par Gide puis par Freud, le Narcisse jouvien recherche, davantage qu’un amour de soi, un oubli mystique de soi, une fusion dans le « grand-tout ». Grâce à l’eau, qu’il contemple, il retrouve un équilibre personnel, une paix amniotique qui l’accorde définitivement à lui-même. L’image que l’eau réfléchit devient une projection psychologique qui fait appel à sa pulsion de mort libératrice. Par la noyade, véritable mort régénératrice, Jacques fait ainsi retour à l’état « océanique », en accord avec ce Moi primaire, finalement pur, sans péché, uni à Dieu, au monde.
réécriture du mythe; Pierre-Jean Jouve; Narcisse; mort regénératrice; Freud
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Utilizza questo identificativo per citare o creare un link a questo documento: http://hdl.handle.net/20.500.11769/243140
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